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Littérature, garde-fou de la rentrée

Garde-corps ou Damas en hiver : quand la littérature peut rendre la vie plus respirable (ou tout le contraire).


Attention commotion ! Garde-corps de Virginie Martin est le premier roman d’une politologue dont on connaissait les travaux sur la parité et la montée des extrêmes. La violence exercée sur les femmes combinée à la violence en politique lui a donné l’envie d’écrire cette histoire très actuelle. Un viol, celui du personnage central, l’ado Gabrielle Clair, annonce le roman. La méchante rumeur qui l’isole dans cette petite ville bruissante du Sud-Est de la France va lui forger un tempérament de guerrière au cœur de silex. On suit la trajectoire météorique, cynique, ambigüe de la victime dans le monde (pas plus enchanté) de la politique. On assiste à son ascension comme ministre bien en vue jusqu’au jour où cette femme de pouvoir s’aperçoit que son nouveau chauffeur de berline est l’adolescent même qui l’avait agressée. Mais en politique, la vengeance peut être arrangeante et le sexisme ordinaire déjoué par une morale (très) aléatoire. Un roman de rentrée qui nous plonge avec volupté dans le bain acide de la politique.

Virginie Martin raconte dans Garde-corps la trajectoire météorique, cynique, ambiguë de Gabrielle Clair, héroïne moderne, victime du sexisme mais guerrière de la politique.

La littérature a ceci de remarquable qu’elle peut rendre en quelques mots, la vie un peu plus respirable (ou tout à fait le contraire) : Damas en hiver est la chronique damascène du romancier Alain Bonnand qui a eu l’occasion de vivre avec sa petite famille (et son chat Lewis) dans une capsule de temps d’avant la tragédie actuelle de la Syrie. Il contournait la dictature par ses méandres poétiques, ses ballades dans les quartiers les plus éloignés, ses rencontres chez le coiffeur. Dans ce récit, ne comptez pas sur lui pour pourfendre une dictature atroce, les rudesses de la géopolitique et étaler une quelconque idéologie, c’est un écrivain qui vit fermement du côté de la littérature. Mais par la trame subtile de ses observations et de ses touches d’humour, lui aussi dresse les croquis les plus justes d’une humanité disparue sous les tempêtes de sable de l’information. Combien de ces femmes et hommes rencontrés sont encore vivants, ont un toit ou un espoir ?

Bonne rentrée.

P.S. : Ce même mois d’août, la collection "Monde d’idées", dirigée par François L’Yvonnet, propose Kojève, l’homme qui voulait tout savoir, de Laurent Bibard et Ivan Illich, l’alchimiste des possibles, sous la direction de Martin Fortier et Thierry Paquot. Deux penseurs à l’originalité bien trempée que l’on a surprise et plaisir à (re)découvrir en cette période de morosité, voire de désarroi intellectuel.



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